Vous avez déjà certainement entendu l’expression « les cols blancs » ou « les cols bleus », signifiant l’opposition de deux mondes, ou tout simplement deux façons d’envisager le travail.

Notre histoire s’est construite de cet antagonisme de deux mondes que l’on a longtemps opposé. La Révolution de 1789 a tenté de mettre tout le monde d’accord ! La frontière s’est reconstruite avec les riches d’un côté et les pauvres de l’autre. Entre ceux qui vivent du fruit de leur travail et ceux des fruits du capital.

 

Quelle opposition

L’antiquité avec Aristote, considérait le travail manuel comme mineur et fatiguant. Le travail intellectuel était réservé aux classes supérieures. Ces castes sociales ont perduré longtemps.

On oublie souvent que c’est d’abord l’observation des postes de travail manuels qui a conduit des améliorations sur de nombreuses machines, pensées par des ingénieurs. On conçoit, dès lors, qu’il est inutile d’opposer deux approches du travail, car l’interdépendance est forte.

Le col blanc est un terme qui désigne des personnes qui travaillent dans des bureaux. A l’époque, les codes vestimentaires imposaient la chemise blanche et la cravate. C’est ainsi que l’expression, par extension, a fini par désigner les cadres dans l’entreprise. Par opposition, le col bleu est un terme familier qui désigne un ouvrier travaillant manuellement, souvent en bleu de travail et pour un salaire horaire. Cette séparation tend à disparaître avec une mutation des codes du travail. Aujourd’hui, la libéralisation dans de nombreuses corporations, la démocratisation de nombreux métiers, ont permis de redéfinir un panel de profils qui ne sont plus aussi tranchés.

 

Quelle évolution

Au cours des siècles, le travail manuel s’est modifié dans bon nombre de métiers. Les agriculteurs, par exemple, utilisent des machines-outils. Les ouvriers sur des chaînes de production, sont soutenus par une robotisation accrue, elle-même initiée par des ingénieurs qui ont pensé la conception d’évolutions technologiques.

La valeur du travail manuel et intellectuel a évolué dans le bon sens. Il n’y a plus cette opposition nette voire méprisante de deux approches du travail. Chacun choisit dans la majorité des cas en fonction de ses appétences. La scolarisation de la société donne sa chance à tous.

Le pilotage de machines, initiées par des ingénieurs, fait appel à l’intelligence et au pragmatisme de l’ouvrier qui les fait fonctionner, qui saura trouver parfois, des adaptations judicieuses et faire remonter des aspects que l’ingénieur prendra à son tour en compte pour faire évoluer la chaîne de production.

 

Alors heureux ?

Une nouvelle génération arrive qui ne voit plus le travail comme une seule voie de devenir. Une génération qui sait que son espérance de vie augmente, et qui n’est plus conditionnée par un seul métier, une seule voie, une seule aventure ! Résister à un CDI de 43 ans ? Qui en est encore capable ? Le cerveau se nourrit aussi d’activités diverses et le parcours d’une vie s’enrichit de multiples expériences.

 

Le temps partagé, plus qu’une alternative, un choix concerté

Aujourd’hui, on pose encore la question aux ados : « Alors tu es plutôt manuel ou intellectuel ? », une hérésie qui tendrait à dire que les gros bras n’ont pas de cerveau ! Alors que le travail manuel exige de grandes qualités cognitives, dans chacun des postes d’une chaîne logistique, d’usinage, de production, de  coupes ou d’assemblage, le cerveau doit s’adapter à des tâches qui font appel à l’intelligence de l’adaptation. C’est bien la personne, sur la chaîne de production, qui va adapter sa position sur la machine ou sa manière de gérer ses tâches et donc raisonner, comme un  « intellectuel ». De même, le biologiste qui utilise son microscope et cultive ses levures, met en place un processus de gestes manuels très codés pour affiner son diagnostic. On le voit le concept manuel / intellectuel est bien dépassé !

C’est parce que le GEA correspond à une tendance très forte du marché de l’emploi, que l’on rencontre de nombreux profils qui ont construit leur parcours professionnel avec plusieurs existences. Des ingénieurs qui sont devenus jardiniers, des professeurs qui ont choisi de devenir boulanger… Les reconversions sont à la mode et nécessaires pour rebooster l’être et lui redonner l’énergie pour construire une nouvelle étape professionnelle, enrichie par les expériences passées.

Le GEA est un moteur dans l’économie de l’emploi, car il permet à chaque profil de pouvoir trouver un travail, une mission, qui se partage avec plusieurs employeurs sur un temps déterminé.

Pour conclure, une énigme : L’artiste est-il manuel ou intellectuel ?