On parle de pénurie de travailleurs, de manque de main d’œuvre, de nombreuses entreprises peinent à recruter et pourtant plus de 10% de la population active française est au chômage. Un paradoxe ? De notre point de vue, oui, mais il convient d’en connaitre les causes et de comprendre l’origine pour tenter d’y remédier et séduire de nouveaux profils.

Une mutation positive de la société

On parle beaucoup de la transformation de la société, de la mutation des entreprises avec l’avènement du numérique, des nouvelles technologies avec la place de l’intelligence artificielle. Dans les années 80 c’était la polyvalence qui était recherchée dans de nombreuses entreprises, aujourd’hui, on parle de compétences, d’expertise, on est plutôt en recherche de talents. Voilà c’est dit !
Pour les entreprises, ce qui a changé c’est aussi le mode de recrutement, on scrute les réseaux sociaux à la recherche de la perle rare, et on fait plus souvent appel de fait à un chasseur de têtes.

Remettre du sens dans la valeur du travail

Mais le vrai changement, la vraie mutation, tient au fait que la génération active actuellement pleine de désillusions d’évoluer dans une société qu’elle ne comprend plus, avec une perte de sens dans ce qu’elle fait, aspire à autre chose, à récréer un autre modèle.
Lorsque nos prédécesseurs partaient après 38 ans d’ancienneté, on trouvait cela normal, « j’ai fait carrière dans l’informatique » disait-on. Aujourd’hui le profil des salariés a changé. Pour ne pas se lasser beaucoup cherchent la diversité. Enchaîner plusieurs métiers, plusieurs expériences, viser un enrichissement personnel au niveau professionnel est une recherche majeure.

Ré-inventons le management

Ce phénomène moins structurel que générationnel, touche presque toutes les couches de la société. Aujourd’hui les dirigeants demandent de la souplesse dans les recrutements et c’est complètement en phase avec de nombreux profils de salariés. Ils recherchent des missions, pour réaliser un projet, et le CDI qui était la quête du saint Graal de nos aînés apparait comme un frein à l’épanouissement personnel. Voilà encore c’est dit !

Ce nouveau mode de management des compétences passe aussi par la création d’une nouvelle relation. La hiérarchie qui même si autoritaire et qui donne le cap d’une orientation de l’entreprise, a compris qu’on ne gouvernait pas seul. « Un bon manager sait bien s’entourer ». Dans les modes de gouvernances modernes, on parle dorénavant d’association de compétences, pour avoir un œil neuf, un regard différent et associer les membres de son groupe à la prise de décision finale. Cela donne du sens à la relation et valorise l’individu. On ne parle plus de salariés jetables, mais d’utilisation de talents, de compétences et les groupements d’employeurs ne s’y sont pas trompés en mettant en place cette alternance de missions, de profils, de temps partagé.
Cette alternance des missions, offre aux collaborateurs une flexibilité, une souplesse, leur permettant de s’enrichir de multiples expériences en maintenant un niveau de sécurité de l’emploi.